Le village de Lambusart

Un peu d’histoire...



Tout d’abord, nous pouvons affirmer que les plaines de Lambusart on été habitées dès la fin des temps quaternaires. En effet, des vestiges d’un habitat néolithique ont été retrouvés.

Concernant l’époque romaine, on y a retrouvé en 1859, des vestiges d’un ancien cimetière romain ainsi que des vieux pots contenant des ossements, une pièce de monnaie de forme carrée et très mince. On y trouva également un plateau sur lequel avait reposée une urne dont on voyait la trace d’un pied, ce dernier était recouvert d’un vernis rouge foncé, au centre se trouvait le nom en relief d’un potier appelé « Locirni » dont il semble qu’il n’y a été trouvé de produits qu’à Amiens et à Londres. En 1875, après d’autres fouilles, on retrouva des débris romains, des tuiles, des briques et deux grandes ardoises dont une a été déposée au musée de la Société paléontologique et archéologique de Charleroi en 1877.


L’histoire de la ville de Lambusart commence vraiment en 1101. A cette époque, le village était connu sous le nom de « Lambertisartum ». Le village appartenait alors à Jeanne de Constantinople, comtesse de Hainaut.

L’étymologie de Lambusart est très simple : Lamberti sartum soit le sart de Lambert (sart ou essart se dit d’un bois défriché mis en culture).
L’étymologie de Lambusart ne varia guère au cours des siècles.

- 1415: Lambusart
- 1465: Lamboussart
- 1527: Lambuissart
- 1636: Labuissart

Il est à rapprocher de « Lambielbus (12ème siècle), Lamberlebus (1770) qui était un bois, maintenant défriché, qui jouxtait la limite des communes de Lambusart et de Wanfercée-Baulet.

Les seigneurs à Lambusart.


Vous retrouverez ci-dessous la liste dans l’ordre chronologique des seigneurs à Lambusart :

- 1235 : Jacques de Bailleul, chevalier reçoit en fief lige de la comtesse Jeanne de Flandre, la terre de Lambusart.
- 1343 : Robert, seigneur de Morialmé.
- 1418 : Everard de la Marcle
- 1527 : De Mérode, seigneur de Morialmé.
- 1573 : Henin de Boussu
- 1588 : Philippe, comte de Mérode dont l’épouse est Jehenne de Montmorency (leur tombeau se trouve en l’église de Châtelineau).
- 1591 : Isabelle de Mérodé.
- 1629 : Philippe Lamoral, prince d’Isenghien.
- 1632 : Marguerite, baronne de Mérodé et d’Isenghien.
- 1679 : Philippe Balthazar de Gand.
- 1680 : François de Gand.
- 1685 : Jean de Gand.
- 1730 : François-Louis Puissant.
- 1732 : Louis de Gand.
- 1734 : Alexandre de Gand.
- 1755 : Don Joseph de Solre.
- 1760 : Princesse de Lauraguai
- 1768 : Elisabeth Pauline de Gand.
- 1781 : Louis Englebert d’Arenberg.

Ce fut le dernier seigneur de Lambusart. La Convention nationale publiait le 5 novembre 1795, le décret de l’Assemblée constituante des 4,6,7,8 et 11 août 1789, portant l’abolition du régime féodal.

Baillis et magistrats communaux


Le bailli était le plus haut officier de la communauté. Son office s’étendait sur Châtelineau qui appartenait à la même seigneurie. Il possédait la haute police de la seingneurie, avec tous ses droits et ses conséquences. C’était à lui à poursuivre les meurtriers mais il ne pouvait provoquer aucune enquête sans en avoir avisé le Conseil. Il devait également surveiller les intérêts de seigneur et présidait aux délibérations du conseil.

- 1583 : Antoine Simonet
- 1627 : Philippe Desmartin
- 1679 : Charles Demoustier
- 1701 : Jean de Pimentel
- 1732 : Joseph Piérard
- 1589 : Grégoire Massart
- 1671 : Pierre Laventurier
- 1680 : Pierre Fontaine
- 1710 : André Rigot
- 1733 : François Jadot

Localisation du village au XVIIème siècle



Vers le XVIIème siècle, la localisation du centre de Lambusart n’était pas exactement la même qu’actuellement.

En effet, vers 1600, une aquarelle d’Adrien de Montigny pour le duc de Croÿ, met bien en évidence que le centre du village était situé de l’autre côté du ruisseau d’Amour, près de la pierre bleue.
La gouache d’Adrien de Montigny présente le village vu du sud. On peut y voir le ruisseau d’Amour (ou de Plomcot) traversant la localité du sud au nord et passant au chevet de l’église.

L’autre ruisseau, sans nom et situé à droite, provient de la fontaine et des sources du bois seigneurial. Le moulin qu’il actionne est celui du « Moniat » mais la vue est faussée car celui ci est situé à plus de deux kilomètres de l’église à vol d’oiseau.

Vous y voyez également l’église ancienne entourée de son cimetière ainsi que son cimetière pour animaux.

Le chœur, au chevet plat, est plus large que la nef où à mi-hauteur s’accroche s’accroche un porche d’entrée sous bâtière. Le chœur et la nef sont percés de grandes fenêtres cintrées. Nous observons également un cordon de pierres court tout le long de l’édifice.
Le clocheton, couvert d’ardoises, n’est qu’une simple construction en bois à claire-voie, au centre duquel on distingue l’échelle d’accès à l’étage. Au chevet, une passerelle, permet le passage du ruisseau sans nom. Elle conduit à une demeure de pierres faite de deux bâtiments en long, de dimensions et de volumes différents. Il s’agit du château d’Amour, propriété du seigneur et parfois, résidence de son bailli.

Le bois au fond évoque les bois de hautes futaies du seigneur, du seigneur de Ligny, du prieuré d’Oignies et la petite part communale.
Les quelques chaumières avec leurs toits de paille symbolisent le village, le long du chemin allant à Namur.

L’ancien château a été détruit en même temps que les maisons de « Taille Gueule » au XXème siècle à cause de la mine. Il ne reste maintenant plus qu’une prairie.

L’étymologie du château d’Amour est simple : Amour = du germanique Ahwî (A) aqua en latin qui donne l’Aa, fleuve en France, et de Môrs, mœurs, marais donc eau prenant sa source dans un marais. Les terres de Lambusart étaient marécageuses de ce coté là du village.

A deux kilomètres, on trouvait un moulin, le moulin du « Moniat ». Il se situait vers le bas d’un grand ravin, dans le bois parcouru par le Ry du Moniat.
Plus exactement il y avait deux moulins, le premier, plus petit, situé en amont, le second, le plus grand en aval. Le Ry du Moniat alimentait les quatres réservoirs nécessaires au fonctionnement des moulins. Par la suite, le déboisement de la colline réduisit le débit du ruisseau, l’empêchant de remplir encore son office. C’est autour de ces moulins que s’articulera au fil des siècles le hameau du Moniat.

Personnalités du village:

Gaston Joseph, mort pour la patrie le 29 septembre 1914, soldat au 2ème carabinier.
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George Delersy : fils de Jules Joseph et de Maria Rosalia Depauw, né à Perwez le 2 avril 1891, matricule 57969, soldat au premier régiment de ligne, décédé à l’hôpital militaire d’Anvers le 16 octobre 1914, époux de Virginie Eugénie Cellier.

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Henri Danvoie, agriculteur, fils d’Henri Joseph et d’Adèle Maison, né à Lambusart le 21 novembre 1887 et mort pour la patrie le 19 août 1914 à Aarschot, soldat au 9ème de ligne, matricule 54132 (il habitait rue de l’église maintenant rue Danvoie numéro 25)
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Auguste Duvivier, mort pour la Belgique, pris pour un espion et fusillé sur le pont de Lambusart, mort le 21 août 1914.

Omer Lison : fils de Léopold et de Sylvie Lepage, houilleur, né à Lambusart le 12 août 1893, soldat au 8ème régiment de ligne, décédé à l’hôpital militaire à Namur le 20 octobre 1914.

Marquebreucq: Hommage à un ancien curé fils de Louis et de Catherine Godfroid, né le 8 juillet 1835 et mort le 27 juillet 1927 qui était réputé à la ronde pour ses potions magiques. Il soignait par les plantes et a guéri plus d’un malade. Il est parti près du bon Dieu en emmenant avec lui tous ses secrets. D’après la légende, il avait un cahier avec toutes ses recettes, qui n’a jamais été retrouvé mais qui existe encore, caché quelque part on ne sait-où.

Charles Michel : Charles Michel naquit à Wanfercée-Baulet le 9 mars 1928. Privé de son père à l'âge de 8 ans, il reçut jusqu'à 15 ans les leçons d'un instituteur de Baulet, Jean-Joseph Brichard. L'écolier était studieux. Hélas, sa famille était dans le besoin et il ne pouvait pas songer à poursuivre ses études. Michel avait alors la tâche de procurer du pain à sa vieille mère et à sa petite soeur. C'était en 1842, il avait alors 14ans.

En 1847, il est hercheur au charbonnage du Petit-Try à Lambusart où il reste toute sa vie. Il mesurait et pesait des brouettes de charbon jusqu'à la fin de sa carrière.

La journée terminée, il quitte la mine, il s'en repose en recourant à ses chers livres qui lui ont donnés des personnes généreuses.

Chantal Mouffe: née en 1943 à Charleroi, cette philosophe politique, professeure au département de sciences politiques et des relations internationales de l'Université de Westminster grandit à Lambusart. Elle travaillé dans de nombreuses universités à travers le monde et s'inscrit dans le courant de pensée post-marxiste. Sa réflexion s'articule principalement autour de l'idée de démocratie radicale.

Jacques Hoyaux: né en 1930 à Uccle et décédé en 2013, est un homme politique belge, membre du PS et militant wallon. Il est sénateur de 1974 à 1985. De 1977 à 1979, il est secrétaire d'Etat aux réformes institutionnelles et ministre de l'enseignement de 1979 à 1980. Il obtiendra le Mérite Wallon en 2013.